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 Mon voyage en Irlande...

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leprechaune13
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MessageSujet: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 10:28

Mon voyage en Irlande. Du 10 au 17 juin 2004.

J'en ai rêvé pendant des décennies. Un beau jour de mars 2004 pour mon anniversaire, j'ai reçu le plus beau des cadeaux. Caché dans un livre... sur l'Irlande, on m'offrait un séjour d'une semaine dans ce merveilleux pays... Ce jour-là, j'ai pleuré de joie. En plus c'était la première fois que je prenais l'avion.
J'ai même pas eu peur !!!! J'avais même envie d'aller voir le commandant de bord pour lui dire qu'il se bouge...
Je suis restée scotchée au hublot, le temps était clair, j'ai pu filmer l'Irlande vue du ciel, je ne trouve pas les mots… C'était géant.
Quand nous avons atterri à Shannon, j'ai eu envie de faire comme le Pape Jean-Paul II, lorsqu'il arrivait pour la première fois dans un pays. En tout cas, lorsque je suis arrivée, j'ai eu l'étrange sensation de rentrer chez moi.

Vendredi 11 juin 2004. La péninsule de Dingle et l'oratoire de Gallarus.

Nous nous arrêtons à Tralee, nous y resterons deux jours. Notre guide nous raconte l'histoire de "la rose de Tralee".
Un jeune homme amoureux de la plus jolie fille du village part pour la guerre. Revenant bien des années plus tard, il voit passer un convoi funéraire. Il demande aux villageois qui enterrent-ils ? On lui raconte que c'est une jeune femme qui se mourait d'amour. Il réalise que c'est son amie et décide alors que ce jour sera dédié à la plus belle fille du comté.
Depuis, chaque année à la mi-août, les irlandais élisent leur plus belle irlandaise. Les festivités durent six jours. Six jours de pures folies, impossible de décrire l'ambiance, Pour peu que vous ayez du sang irlandais, vous pouvez concourir. (C'est à Tralee que j'ai connu les pubs... Ambiance unique... Les Irlandais sont vraiment chaleureux !

A Dingle, une femelle dauphin prénommée : "Fungie" a élu domicile pas loin de la baie. Des bateaux font la navette pour les touristes jusqu'à l'endroit où elle a l'habitude de nager. J'ai vu face au port, cette ancre de marine originale en bronze entourée de cordages également en bronze.
Dans un prè pas loin de l'océan, nous apercevons une jante de voiture posée sur un piquet attendant son propriétaire.
En haut d'une colline une tour domine la vallée. Notre guide nous raconte que par grand soleil, elle brille de mille feux.
Voici son histoire.
Au XVIIIème siècle, par une nuit de forte tempête, un bateau s'échoua à proximité du rivage. La rumeur se répandit très vite. Le bateau transporterait de l'or dans ses cales. Le châtelain du coin, très intéressé, décida de s'approprier le précieux chargement. Il ordonna à tous ses gens, du village et alentour, de vider les cales du navire. Le travail terminé, il les congédia manu militari et contempla tout son soûl son précieux butin.
Enfer et damnation ! Ce n'était pas de l'or mais du sulfure de fer. De la pyrite ou appelé tout simplement "l'or du pauvre" ou "Pierre de feu". Sa valeur, comparée à l'or, équivaut à des…cacahuètes. Il fut la risée du coin. Il décida alors de construire une tour et de mélanger la pyrite au mortier. Depuis, lorsque le soleil est bien haut, cette tour brille de mille feux et se remarque de très loin.
Pas de chance pour nous, le soleil n'est pas au rendez-vous.
Ces belles falaises sont Slea Head, passage obligé avant de visiter Gallarus. En hauteur, le profil fantomatique du château de Gallarus continue de braver les tempêtes. Au crépuscule de sa vie, le dernier noble à y habiter se fit transporter près d'une des fenêtres et prononça ses derniers mots:" C'est juste le bon jour pour mourir pour un Fitzgerald !"



Face à l'entrée qui mène à l'oratoire, nous apercevons les ruines de la maison forte de Gallarus.
L'oratoire est une minuscule église qui domine le port de Smerwick. 8 m de long, 5 m de large, 5 m de haut. 1300 ans nous séparent. En dépit des siècles de tempête, son inclinaison progressive le rend imperméable aux intempéries. L'entrée est assez basse, l'épaisseur est impressionnante, quant à la fenêtre, elle laisse à peine passer le jour. Les Vikings et les Normands ont dévalisé et réduit en cendres les habitations alentour, effaçant à jamais ce genre de vie. Il y a une tombe à côté. La pierre est gravée de signes. Mais que veulent-ils dire ?



Nous passons devant quelques maisons où poussent des yucca, plantes originaires de Californie. Je n'en avais jamais vu d'aussi hauts.



Dans l'hôtel où nous séjournions à Tralee, vers 2h du matin notre voisin est entré dans sa chambre sans doute imbibé de Guinness. Sa femme n'a pas hésité à lui faire une scène. Cela a duré plus d'une heure. Quand elle se calmait, on se disait :"c'est bon, on va pouvoir se rendormir !" Hé bien non, elle remettait ça. Elle se fichait complètement de réveiller les gens, elle parlait anglais, on ne comprenait rien, mais il ne fallait pas sortir de St Cyr.... Tant et si bien que mon homme est sorti en caleçon dans le couloir et s'est mis à g... :"Shut up !". Silence total. J'étais certaine que l'homme avait dû pousser un soupir de soulagement. En tous les cas se fut radical.

Samedi 12 juin 2004. L'anneau du Kerry.

Nous partons en direction Muckross House, une demeure élisabéthaine datant de 1843. Dans le parc, ce jour-là, le 12 juin 2004, nous croisons un couple de jeunes mariés se faisant photographier et filmer. Ils étaient tellement beaux que je les ai pris en photo, d'ailleurs je n'étais pas la seule à les prendre. A présent, ils sont dans mon album, cachés précieusement.
Le parc est magnifique. Je n'avais jamais vu de rhododendrons, ni d'azalées aussi hauts et aussi énormes. Je ne pensais pas non plus trouver un pin de cette taille, rare sont ceux qui arrivent ainsi dans ma région.
On aperçoit à gauche du massif, un passage au milieu des rhododendrons, nous pouvons y entrer. Au détour d'un chemin, des pâquerettes entre deux pierres sèches, des pavots énormes, et incroyable, nous avons vu et surtout senti du fenouil. Du fenouil en Irlande.



Nous avons repris la route, direction Sneem avec ses façades aux couleurs acidulées. Je me demandais pourquoi les maisons avaient de telles couleurs. J'ai compris en voyant le ciel. Le contraste est saisissant, elles égaient tout simplement le paysage par temps de pluie.
Nous sommes passés sans nous arrêter à Waterville, Chaplin y passait ses vacances. Il a même sa statue.
"Kerry Bog village musée "à Glenbeigh. Tous les cottages furent bâtis en 1800. Chaque petite maison représente son propriétaire, le couvreur de chaume, le forgeron, le tourbier, le laitier. Toutes ces maisons sont vraiment très modestes. A l'intérieur, c'est un vrai bric-à-brac. La tourbe brûle dans la cheminée de la pièce principale, je n'oublierai jamais son odeur si particulière. Il y a une sous pente où l'on aperçoit des lits, la famille entière dormait là. Le guide nous raconte qu'ils entreposaient leur réserve de pommes de terre et les animaux faisaient aussi partie de la maisonnée. La toiture est faite d'un mélange de tourbe et de chaume. Elle n'était pas régulièrement changée, alors des maladies, comme la tuberculose, s'installaient. On aperçoit dans la forge des gros tonneaux, une enclume posée dans un coin qui attend de reprendre du service. Des jougs pendus aux murs et des paniers posés pêle-mêle qui servaient à ramasser les pommes de terre. Des bouilloires, des marmites toutes noires, elles me paraissent bien lourdes, j'aurai bien aimé les soupeser mais je n'ai pas osé les toucher. Dans une autre maison, il y a des gros bidons de lait mais je suis sûre qu'ils ne sont pas d'époque. Des slanes, ces bêches très étroites qui servent à couper la tourbe en petites bûches, sont suspendues aux murs. Je constate qu'il y a beaucoup d'ustensiles à barattage, chaque famille en possédait. Des vieilles lampes à pétrole accrochées aux murs, des bassines en émail, il y a même une machine à coudre, là aussi j'ai un doute, elles sont peut-être très vieilles mais je ne crois pas qu'elles datent de 1800. Dans une des maisons je vois un cadre avec un pape représenté, il me semble que c'est Pie XII, Pape juste avant la seconde guerre mondiale. Il y a pleins d'ustensiles que je ne connais pas. Dommage qu'il n'y ait personne pour nous expliquer. Tant pis. Par contre les toiles d'araignées ne manquent pas. C'est vraiment... rustique.
Dans une autre maison, il y a un vieux fauteuil et des chaises en paille, une pendule, un buffet avec de la vaisselle, des cafetières, des théières, des tasses, des vieux pots en faïence. Un très vieux fer à repasser où l'on y glissait la braise à l'intérieur. Un nécessaire de toilette, une cuvette et son broc en faïence fleuri posés sur une petite table à proximité de la petite fenêtre, ainsi qu'un miroir. Il y a un lit contre le mur, plusieurs couvertures sont superposées et recouvrent partiellement la couche. Un caleçon long et une chemise d'homme sont posés à cheval au pied du lit. Sous le lit, il y a des godillots et à côté… un pot de chambre. Ca semble tellement réel que j'ai l'impression que l'homme va surgir de la pièce voisine et me demander ce que je fais là et me mettre dehors illico.
On entend de la musique. C'est une jeune fille qui nous accueille en souriant, elle joue une ballade sur un mélodion. Tous les cottages possèdent leur tas de tourbe bien entassé contre le mur de la maison.

A Killorglin, tous les ans, le 10,11, et le 12 août, il y a une foire "Puck Fair", les habitants élisent le plus beau, le plus majestueux, le plus vigoureux... bouc de la région. Une statue lui est d'ailleurs dédiée. Il paraît que la fête dure trois jours et que la Guinness coule à flot.



Voilà les filles et les mecs ! quand vous aurez lu tout ça en voudriez-vous encore ?
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 11:11

C'est génial !

Merci pour toutes ces infos et ces images c'est vraiment magnifique et ca permet de connaitre et même de "voyager" dans un pays que je ne connais pas je dance

Encore merci.
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leprechaune13
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 11:32

Je suis ravie que cela t'aie plu. Super ! merci Elerinna. clin d
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 14:47

Bien sur j'aurais un tas de trucs à dire mais là je te dirait juste merci du beau début de voyage que tu nous as fait vivre, c'est vraiment comme si on y était ,et aussi que je vais planter un yucca dans mon jardin ! et aussi : merci et
vivement la suite :a0251:
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leprechaune13
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 16:15

Merci marisara ! voici la seconde fournée. J'espère que vous vous régalerez à lire la suite.

A deux kilomètres de Tralee, nous apercevons les moulins à vent de Blennerville. Construits en 1800, celui-ci est à présent un musée. Il raconte la fabrication de la farine et l'émigration pendant la grande famine. Plus de 63000 irlandais quittèrent le Kerry pendant la période de 1830 et 1861. Pour que les bateaux puissent remonter jusqu'à Tralee, les irlandais creusèrent un canal afin d'aller chercher les émigrants, les compagnies maritimes fleurirent et s'enrichirent.
Les berges sont actuellement des lieux de promenade, vous pouvez remonter jusqu'à la mer et apprécier le paysage, vous y verrez la baie de Tralee et la péninsule de Dingle.
Notre guide nous invite à un spectacle genre "Riverdance" à Killarney. Elle nous demande de laisser nos appareils dans nos chambres, on ne prend pas de photos. Quel regret, car sur le chemin, nous apercevons sur les collines, une dizaine d'éoliennes, qui dominent la vallée. Imaginez ! Derrière elles, le ciel était chargé de gros nuages noirs et face à elles, le soleil les illuminait et un magnifique arc-en-ciel couronnait le tout. C'était féerique. Mais pas de photo pour vous faire partager ce spectacle grandiose.



Dimanche 13 juin 2004. Le Rocher de Cashel puis direction Dublin.

"Le Rocher de Cashel" Comté de Tipperary. (Pas réussi la photo mais prise dans le car et roulant...) C'est un piton rocheux qui domine la plaine de Tipperary. Une forteresse y est dressée depuis le Vème siècle, elle fut le fief des rois de Munster. Elle symbolisa le pouvoir royal et religieux pendant 1000 ans. Brian Boru s'y fit couronner en 977. (Brian Boru est l'un des 1ers rois d'Irlande appelé Hibernia, il y a très très longtemps)

Une petite histoire.
St Patrick distrait ou maladroit planta la pointe de sa cross épiscopale dans le pied du roi des Eoghanacht. Pensant qu'il s'agissait d'un rite initiatique, le roi resta de marbre et souffrit en silence.

Cromwell assiégea la forteresse en 1647, ses armées massacrèrent 3000 habitants. Un musée intéressant se trouve à l'entrée où sont protégés des objets de valeurs, des calices en argent, une broche en argent ressemblant à celle de Tara ainsi que des haches, des lances de l'âge de bronze. A l'écart, j'aperçois dans un coin du musée une grande croix très abîmée, elle date du VIIème siècle. La croix de St Patrick. Depuis 1982, son double s'expose aux regards et au temps qui passe. Quant à elle, elle a bien mérité d'être à l'abri.




On aperçoit des pierres tombales très vieilles mais en y regardant d'un peu plus près, on peut en apercevoir de très ressentes. Notre guide nous dit qu'il y a des passages secrets. Dommage, je n'ai pas eu le temps de vérifier...
Il y a une vieille chapelle du XIème, véritable joyau de Cashel "Cormac's chapel". Lorsqu'ils ont commencé les travaux de rénovation, ils ont découvert des fresques sur les murs intérieurs ainsi que des visages sculptés juste au-dessus du portail. A l'entrée, un tombeau vide et cassé qui s'imprègne inexorablement de toute l'humidité et se couvre ainsi de mousse. La toiture de la chapelle en est aussi recouverte.

Regardez bien ! Sur une photo, on voit une petite antenne... Mystère !


Nous poursuivons notre route vers Dublin. Nous avons fait un tour dans la ville, Four Courts, le palais de justice, La Banque d'Irlande et cette petite place où il semblerait que des personnages d'acier jouent de la musique, malheureusement, j'ai pris cette photo du car.
La statue de Daniel O'Connell, "le libérateur". Quand je pense que je l'aperçois tous les jours quand j'interroge la météo. Une caméra est fixée sur l'immeuble d'en face, après O'Connell Bridge, elle fonctionne en permanence et est dirigée face à lui. Pratiquement du direct.



J'ai visité la distillerie "Jameson". Connaissez-vous sa devise ? "Sine Metu" qui veut dire : "Sans peur". Je dois dire que je suis ressortie... Non, ne croyez pas cela, je n'étais pas empéguée mais je suis ressortie avec le diplôme du parfait connaisseur de whiskey irlandais (elle est des nôôôôtres, elle a bu...hic!)
Il faut dire que je préfère le whiskey, à la Guinness (chacun ses goûts!)...Quoique... A consommer avec modération !
Toujours est-il que j'ai reçu le certificat du meilleur "tast-whiskey". Mais je soupçonne la maison Jameson d'en distribuer à tous les participants.

Lundi 14 juin 2004…
Matinée ; ballade dans Dublin. Après-midi Clonmacnoise et Galway.


La cathédrale anglicane St Patrick où reposent des personnages importants comme Swift, les comtes de Cork. J'ai été surprise en entrant, il y a une boutique de souvenirs. Après tout pourquoi pas ? Derrière le maître-autel, se trouve "lady chapel". Un lieu de culte pour les Huguenots réfugiés à Dublin au XVIIème. Ce sont eux qui apportèrent la cloche. Le calice et la carafe en argent ont appartenu à Jonathan Swift, doyen de St Patrick, auteur de :"Les voyages de Gulliver". Des étendards séculaires très abîmés sont suspendus au-dessus de nos têtes. Anglais, Écossais, Gallois, Irlandais, nous saluent, je les regarde avec respect.
Les vitraux, par beau temps, doivent se parer de belles couleurs. Le carrelage date du Moyen-Âge.
Savez-vous que le trou qui se trouve au centre de cette porte servit à réconcilier deux personnages, le comte de Kildare et le comte d'Ormonde.
En 1492, ils se battirent en duel, Kildare ayant l'avantage, Ormonde se réfugia dans la salle capitulaire. Kildare fit ce trou et passa sa main afin de serrer celle d'Ormonde, ils se réconcilièrent…
De nos jours, c'est un peu plus compliqué.

La montée d'escaliers mène à l'orgue, deux hommes y sont montés. Quelques instants plus tard, un son envahissait l'église, un son que je ne suis pas prête d'oublier. L'escalier est en marbre blanc ainsi que le prêchoir. Regardez bien la photo du prêchoir !
Souriez vous êtes filmés !
J'ai vu cette croix celte dans l'église, je la trouve très belle.



Christ Church Cathedral ainsi que Dublinia qui se trouve à gauche. On aperçoit le petit pont qui relie les deux édifices. Savez-vous que de 1983 à 1993, Dublinia fut une discothèque ?



Partout en Europe, il y a les élections européennes. Je remarque que les Irlandais ont une curieuse façon de mettre leurs panneaux électoraux. Chaque poteau électrique à sa pancarte.
Nous apercevons au loin la file d'attente pour entrer dans la sacro sainte Bibliothèque. Nous allons rendre une petite visite au précieux évangéliaire de Kells qui se trouve bien à l'abri au rez-de-chaussée de la bibliothèque.
Une salle lui est réservée tout particulièrement. Lumière tamisée, la pièce doit rester dans la pénombre. Il partage cette intimité avec un autre évangéliaire :"Le livre de Durrow". Pas très loin, très discrets, des vigiles surveillent car on ne peut pas prendre de photo. On apprend que chaque jour, une personne vient tourner une page de ce livre. La date de la création et le lieu d'origine du livre ont fait l'objet de grands débats. On parle de deux lieux. Il viendrait de l'île Iona, au large de Mull en Écosse occidentale. L'invasion des vikings obligea les moines à se réfugier en Irlande dans le comté de Meath à Kells exactement.

La plupart des pages de texte sont écrites avec une encre brun rouille faite avec de la noix de Galle écrasée ainsi que du sulfate de fer, mélangés à un liant de gomme et d'eau. L'encre noire est de la suie. Pour peindre, ils utilisaient du poil de martre. La palette des couleurs est très riche et certaines devaient être très onéreuses car on y retrouve le lapis-lazuli, l'unique gisement se trouvant en Afghanistan ainsi que d'autres couleurs n'existant qu'en Europe Septentrionale et en méditerranée. Evidemment les pages sont en vélin (peau de veaux mort-nés ou petits veaux âgés de deux à trois mois maximum). Les chercheurs estiment qu'il aurait fallu environ 185 veaux provenant d'un troupeau de 1200 bêtes si le livre a été exécuté dans un temps assez court. Les moines copistes écrivaient avec des plumes d'oies et de cygnes, ils utilisaient un couteau pour effacer leurs erreurs. Avec le tranchant de la lame, ils raclaient l'endroit à "effacer" sur la peau. Certaines feuilles sont percées, le contour des pattes, ou écorchement de la peau, les moines alors les raccommodaient. On aperçoit les petits points très serrés (ils étaient doués en couture !) On estime qu'il faut environ 1 mois de travail pour faire 1 page en travaillant 6 heures par jour.

On retrouve des traces de ces deux livres à partir de1090.
Chef-d'œuvre de l'enluminure médiévale, le livre de Kells se nommait : "l'évangéliaire de Colombkill" et c'est sous cette appellation que les Annales d'Ulster consignent le vol d'un tel ouvrage en 1007. Vol intervenu dans la sacristie occidentale de la grande église en pierre de Kells ainsi que de son recouvrement. Entendez par là, le coffret où l'on remettait précieusement le livre après utilisation. Ce coffret attirait bien des convoitises car il était orné de pierreries et d'or. Après de longues et interminables recherches, pour être précis il fallut deux mois et vingt nuits, on retrouva le précieux livre sur un tas de mauvaises herbes (certains racontent que c'était plutôt un tas d'immondices…)
Gérald Plunket, un chercheur sans doute – Quel rôle tenait-il auprès de l'évangéliaire – je n'ai aucun renseignement sur lui, sauf qu'il ne se rendait pas compte de son geste en annotant sur les précieux vélins ses pensées, son nom, ses initiales et numérotait les pages. Un certain nombre de ces pages sont écrites à l'encre brune très caractéristique.
Sur le 1er exemple, il a annoté une phrase ainsi qu'un chiffre; le 8 (numéro de page).
Sur le 2ème, à gauche, le chiffre 24. On aperçoit en bas à droite des points de couture, points exécutés par les moines copistes pour réparer les trous.
Sur le 3éme, Plunket a annoté ce qui était marqué à l'intérieur "Iesus autem plenus S.S (Spiritus Sancto) ainsi que le chiffre 203.
Sur le 4ème, "le baiser de judas", il a annoté tout un paragraphe et l'a mis entre {….} Il savait faire le côté droit mais pas le côté gauche. On voit le numéro124 en bas sur la gauche en dessous de la colonne. Il s'est même efforcé d'imiter les artistes en dessinant dans les marges.
Sur la 5ème exemple, sur la gauche, on aperçoit des petits points tout le long du vélin.
Sur le 6ème et dernier exemple, il a écrit "Jesus Christus" et l'a ensuite recouvert d'une peinture blanche opaque rendant désormais sur la page un point de convergence fallacieux.
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 16:19

Même la reine Victoria s'en est mêlée. En août 1849, alors qu'elle se trouvait en Irlande avec le prince Albert, ils furent "autorisés" à signer le livre. En fait, ils paraphèrent des imitations. Les pages furent retirées en 1953.
Il y en eut d'autres. Un poète, un curé, le grand trésorier d'Irlande, ainsi que l'auteur de la première étude.
Le livre mesure désormais 330mmx255mm, Les pages ont été gravement émargées. Il compte 340 folios, mais une trentaine de folios dont certaines pages ornementales majeures ont été perdues.

Je tiens à préciser que tous ces renseignements, je les tiens de M. Bernard Meehan, auteur de : "Le livre de Kells, une introduction illustrée au manuscrit du Trinity College" ainsi que les photos que j'ai scanné de son livre. Je précise également que j'ai emprunté la dernière photo qui représente le livre fermé sur Internet.



J'espère sincèrement que je ne vous ai pas ennuyée avec cette fabuleuse histoire mais j'ai pensé qu'il était intéressant d'en parler. Ce manuscrit fait parti du patrimoine irlandais.

Mais revenons à la Bibliothèque. Tandis que je m'éloignai du livre afin de laisser ma place aux autres qui attendaient, j'avais aperçu des escaliers. Alors qu'il y avait beaucoup de monde qui se bousculait pour acheter des souvenirs, j'étais intriguée par ces marches, je me suis avancée. Personne ne montait ni ne descendait.
J'ai donc continué, j'étais toute seule. J'ai même pensé un instant que je devais me tromper d'itinéraire...
Lorsque je suis arrivée en haut juste en face des escaliers, il y avait un meuble où l'on apercevait quelques très vieux bouquins. J'étais déjà sous le charme et je n'avais rien vu encore. Je me suis avancée toujours un peu plus poussée par la curiosité et persuadée que je ne devais pas me trouver là... Hé oui, j'y allais quand même !!! il n'y avait toujours personne, ni vigil, ni visiteur, j'étais toute seule.
C'est là que je suis restée scotchée, époustouflée, je me trouvais devant une gigantesque mais alors monumentale bibliothèque, j'avais devant moi 65 mètres de galeries et près de 200 000 livres (je l'ai su après !!!) J'étais dans LA BIBLIOTHEQUE !!!!
Je m'avançais lentement en levant la tête et regardant de tous les côtés, j'avais l'impression d'entrer dans une cathédrale. Jamais je n'oublierai cet instant, j'étais seule dans cette immensité avec l'Histoire.
Des bustes se trouvaient de chaque côté de l'allée centrale, il y en a quatorze, dont un Français, Louis-François Roubiliac (1705-1762), sculpteur qui vécut en Angleterre. Quand je me suis remise de mes émotions, je suis redescendue pour avertir les autres.
En fait, lorsque j'étais montée, il s'était trouvé qu'à ce moment là, il n'y avait personne, j'avais tout à fait le droit d'y être. Mais jamais je n'oublierai ce silence. C'était magique.

Je précise que les photos de la Bibliothèque sont des cartes postales.



Je ne pouvais pas passer à Dublin sans aller saluer la belle Molly Malone. Elle se trouve dans Grafton Street.
Son histoire :
Elle vendait du poisson et des coquillages comme son père et sa mère. Elle tirait sa charrette parcourant les petites rues de Dublin, criant pour attirer les gens. Mais un jour funeste, elle tomba malade et la fièvre l'emporta. Son fantôme rôde toujours dans les petites rues de Dublin. Entendez le crissement des roues de sa charrette dans les ruelles …
Elle est chantée tous les soirs dans les pubs. Un barde de comptoir a écrit un jour "la complainte de Molly".
Quelle belle femme ! Jean Rynhart en est le sculpteur, il réalisa ce chef-d'œuvre en 1988. On aperçoit Trinity College derrière elle. Dans Moore Street, vous pouvez voir des femmes qui vendent des fruits sur des poussettes, on les appelle les : "Molly Malone".
Remarquez les panneaux électoraux sur les poteaux.



Le mémorial Bridge sur la rive gauche de la Liffey. Pour se souvenir des victimes de La Grande Famine et de leurs descendants qui ont contribué à bâtir le Canada. Son créateur se nomme Jean Chrétien.
Ces maisons géorgiennes ont failli être rasées. Une grande partie l'a été pour faire place aux locaux de l'Electricity Supply Board. Une association sauva le reste. Si vous passez dans Merrion Square arrêtez-vous au n°58. Daniel O'Connell y vécut. Au n°82 c'est Yeats qui y passa une partie de sa vie et Oscar Wilde au n°1. Quant au n°24, c'est le duc Wellington qui vit le jour. Irrité par le rappel de ses origines irlandaises (il était Général britannique), il avait dit : "Naître dans une étable ne fait pas de vous un cheval !"
Devant Trinity College, des jeunes étudiants distribuent leur journal. Je m'avance vers eux pour leur demander où je pourrais me procurer le livre de James Joyce "Ulysse". Ils m'indiquent en bon français la grande librairie... et me tendent leur journal.



Lorsque nous étions dans la cour de Trinity College, je discutais avec mon homme, lorsque j'ai senti quelqu'un me taper sur l'épaule. Je me suis retournée et je me suis retrouvée face à une personne dont l'âge force mon respect. Elle était très excentrique, vêtue avec des habits bariolés, on aurait dit un arc-en-ciel !!!
Plus grande que moi, bon, c'est vrai qu'il ne faut pas grand-chose, elle me dit :
- French ?
Je me suis dit: "elle se fout de moi" .
Alors, dans la langue de Shakespeare, le seul mot que je prononce super bien c'est :
- Yes !
Et elle se tape sur la poitrine en me disant :
- Arizona, Etats-Unis d'Amérique !
Je m'étais faite une copine.
Avec forces gestes, puisque ni l'une ni l'autre ne nous comprenions, et comme si l'on se connaissait depuis toujours, elle me faisait comprendre qu'elle venait tous les ans... et cela depuis 40 ans.
Vous imaginez mon désespoir quand moi "je lui ai fait comprendre que cela faisait 40 ans que je cherchais à y venir !!!
Finalement, on a dû écourter notre dialogue de "sourd-muet"... Jamais je n'oublierai cette américaine vraiment très sympa.

En repartant, on est passé devant l'entrée de l'usine de M. Guinness. Savez-vous qu'en 1759, Arthur Guinness signa le bail pour... 9000 ans. Pour ceux qui ont visité la brasserie, vous avez dû voir le bail serti dans le sol juste à l'entrée. Je tiens à préciser que la photo n'est pas de moi.



Nous sommes partis ensuite pour Clonmacnoise, dans le comté de Offaly. Il y avait des tourbières à perte de vue, des machines raclaient le sol, je crois que c'est pour les usines thermiques (?) J'ai préféré voir l'autre façon de faire, lorsqu'ils l'extraient avec leur slane, mais il faut reconnaître que c'est très pénible.
Devant Clonmacnoise se trouve un château, enfin, ce qu'il en reste. On aurait dit qu'il était posé en équilibre sur un talus. Trop dangereux, le site était grillagé. Quand je me suis avancée vers l'entrée du monastère, je me suis retrouvée face au… "Désespoir"
C'est une statue faite entièrement dans un tronc d'arbre. Sa hauteur est d'environ 1 m 65. Elle est exposée à toutes les intempéries. A présent, elle est patinée par le temps. Le corps est recouvert d'une cape retenue par une broche, comme celle de Tara. Sa main droite tient une canne ou un bâton. Son autre main soutient son visage qui est penché en avant, comme si le personnage pleurait... En tout cas c'était criant de vérité. Un chef-d'oeuvre.



Dans le monastère, construit en seulement trois ans, il y a, à même le sol, une pierre polie et incurvée, comme une coupe ou un bénitier. Il y a toujours un peu d'eau à l'intérieur. Notre guide nous explique que cette pierre a la faculté de guérir les verrues. Il suffit pour cela, de la mouiller avec l'eau de cette coupe par trois fois et la verrue disparaît. Ne me demandez pas si c'est efficace ! désolée !
Je me suis ensuite baladée dans le site en évitant de marcher sur les tombes qui se trouvaient au raz du sol. Au fond du cimetière, il y a une petite chapelle juste à côté d'une tour. J'avais repéré le va-et-vient d'oiseaux, des freux. Ils rentraient dans des trous et ressortaient. Je me suis avancée tout doucement et une fois à l'intérieur, façon de parler, il n'y avait plus de toit... j'ai entendu des petits cris d'oisillons. J'ai braqué ma caméra en espérant que, malgré l'obscurité, cela ait marché. Je suis restée un instant à les écouter piailler, on les entend sur ma caméra mais malheureusement je ne les vois pas !!! Je suis repartie car les parents me guettaient de la tour voisine. On aperçoit parmi toutes les croix, à droite, la copie de la première croix. Quant à la seconde, elle se nomme : Croix des Saintes Écritures. Les véritables sont bien à l'abri des intempéries.



Nous sommes allés ensuite vers Galway. Sur la route, nous étions obligés de constater que malgré la vitesse limitée, les chauffeurs roulaient très vite et lorsque deux cars se croisaient, nous nous arrêtions de respirer.
En passant devant les quais nous avons vu des promeneurs marcher jusqu'à un mur, ils donnaient un coup de pied au mur et repartaient. On a patienté un peu pour voir si tous faisaient la même chose… et tous faisaient pareil. Si quelqu'un connaît la raison, j'aimerai qu'il me le dise car cela nous a intrigué. Notre guide n'a pas su nous l'expliquer.
Saviez-vous qu'avant que les Anglais n'arrivent, on y parlait français pendant près de 150 ans. Mais pour les Irlandais, français ou anglais cela restera toujours étrangers. Il paraît que le mot "étranger" en irlandais se dit gall.
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 18:57

hé bien magnifique ! que de belles choses ! que sans toi je n'aurais probablement jamais vues, outre les paysages , les maisons colorées ou très vielles, les églises et monuments, j'ai admirer l'évangéliaire et ses dessins magnifiques, la cathédrale,la bibliothèque et le bel escalier en fer forgé, tu m'as fait rire quand tu t'es prise pour un détective ! irlandais bien sur !
le pont entre les deux monument, les statues des musiciens et des gens, étranges et belles très dépaysantes, celle dans l'arbre et la belle molly et son histoire ainsi que les autres histoires que tu nous as racontées. J'ai passer un très bon moment en irlande avec toi aujourd'hui, hé dit moi quand est ce qu'on y retourne ? pour moi c'est quand tu veux !clin d bisous
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 20:15

On à vraiment envie de partir ds ce pays, merci pour ce merveilleux voyage.
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 20:38

Allez, on continue notre voyage !!!!



A Galway, il y a deux histoires qu'il faut absolument connaître. Les voici.
L'anneau de Claddagh.
Claddagh veut dire "rive plate et caillouteuse". Au XVIIIème siècle, un homme de Galway avait été enlevé par des pirates ottomans. Captif à Tunis, il apprit le métier de joaillier. A son retour, il créa cette bague représentant un cœur couronné entre deux mains. Le cœur symbolise la charité. Les mains, l'amitié. Pourquoi une couronne ? Claddagh était un petit village très pauvre mais très fier et qui possédait de tous temps son roi. Le dernier mourut en 1954. Unique bijou de famille, l'anneau de Claddagh se transmettait de mère en fille comme anneau nuptial. Aujourd'hui on l'offre surtout en gage d'amitié.

Le chien de Galway.
Quand Christophe Colomb partit à la découverte de l'Amérique, il fit halte à Galway. Il avait besoin d'un navigateur. Un certain William embarqua. Mais celui-ci ne se déplaçait jamais sans son chien. Christophe Colomb accepta de l'emmener avec. Au bout de plusieurs semaines, ils virent enfin les côtes américaines. Le chien était tellement excité de courir et gambader sur la terre ferme qu'il sauta dans l'eau et nagea jusqu'au rivage. Ainsi on aime à dire à Galway que le premier européen qui foula le sol du Nouveau Continent fut un chien de Galway.

La cathédrale St Nicolas, sa construction en 1965 fut financée en grande partie avec les deniers de Mme KENNEDY Rose ainsi que les Irlandais et tous ceux vivants à l'étranger. Dans le centre-ville, il y a un grand parc, nous n'avons pas pu y entrer car la ville le réaménageait. Voici quand même sa porte d'entrée assez étonnante. "Browne Doorway" , elle date du XVIIème siècle.



Mardi 15 juin 2004… Vers le Connemara.

Pendant notre séjour, nous avions eu la chance d'avoir du soleil pratiquement tout le temps. Mais quand il cédait sa place aux nuages et à la pluie nous étions à l'abri. Moi, cela ne m'aurait pas gênée d'être mouillée, j'aime la pluie !
Et puis, de toute façon, celui qui voulait du soleil n'avait cas rester chez lui dans le midi.

Nous avons visité une cristallerie "Celtic crystal". A l'entrée, un immense lustre scintille. Un ouvrier nous a fait une démonstration de son talent en gravant l'anneau de Claddagh sur une coupelle en cristal.
Voici quelques exemples de leurs travaux.



Nous nous sommes arrêtés dans une autre cristallerie. Par rapport à la première qui était plus modeste, celle-ci était immense. Un grand hall avec un escalier imposant menait au premier étage où il y avait une grande salle de restaurant. C'est là que nous avons fait une pause déjeuner.



Nous filons ensuite vers le Connemara. Son nom ; Conmaicne Mara, ce qui signifie : les descendants de Conmhac – descendants de la mer -. Ils sont une branche d’une ancienne tribu irlandaise.
A mon grand regret nous ne sommes pas passés à Cong, l'endroit où fut tourné "L'Homme Tranquille". Mais nous sommes passés tout près de ce fameux petit pont que l'on voit au début du film. Mais averti trop tard personne n'a pu prendre de photo. D'ailleurs va falloir que j'y retourne pour le filmer.
Un petit cimetière sur la route du Connemara, les nuages flirtent avec la montagne. Deux futurs pulls, complètement indifférents aux touristes qui les bombardent de flashs, broutent l'herbe bien grasse.


Une plante très particulière qui ressemble à du coton et qui ne pousse que dans les tourbières et les marais. La linaigrette.
On voit très bien les empreintes des slanes dans la tourbière. J'ajoute une photo scannée dans un de mes livres où l'on aperçoit deux Irlandais en train de la couper.
Nous sommes effarés lorsque notre guide nous informe que 5cm d'épaisseur représentent un siècle. Il arrive très souvent que les ouvriers retirent des arbres fossilisés.
Ne trouvez-vous pas que celui-ci ressemble à un éléphant assit sur son derrière qui barrit ?


Le lendemain matin, nous avons quartier libre dans Galway. Certains sont partis avec notre guide sur le lac Corrib et les autres sont allés flâner dans les petites rues piétonnes. Nous avons visité la Collégiale Saint Nicolas. C'est la plus vieille église paroissiale d'Irlande à être encore en usage depuis le Moyen-Âge. Construite en 1320, elle est dédiée à St Nicolas, patron des pêcheurs. Christophe Colomb y pria très certainement. Il fut sans doute inspiré par les exploits de St Brendan le navigateur qui, d'après la rumeur aurait découvert l'Amérique bien avant lui au 6ème siècle.
Dans l'église il y a cet étrange étendard représentant des blasons. Je ne sais pas ce qu'ils veulent dire. Quelqu'un les connaît-il ?



Nous nous sommes arrêtés à Kylemore pour y visiter son abbaye. Sa devise est : "Hospitalité et Paix".
Voici le plan d'ensemble de la propriété.



Dans un écrin de verdure ce manoir de style néo-gothique est bâti aux pieds des "Twelve Bens". Mitchell Henry, originaire du comté de Clare, député de Galway, décrivait l'Irlande comme une paire de cerises : "Elles semblent séparées mais restent une union dans la division". Il était aussi aimé de ses métayers et de ses ouvriers. Mitchell aimait passionnément son épouse Margaret Vaughan qui était du comté de Down, Irlande du Nord.
C'est elle, représentée dans le cadre. N'est-elle pas belle ?
Au pied du mur d'enceinte on aperçoit des plantes, des arums, des hortensias. Le parc est magnifique.



Il fit construire ce château pour sa femme. Elle avait à peine atteint la quarantaine quand elle succomba à la dysenterie au retour d'un voyage en Egypte. Mitchell érigea en souvenir d'elle une cathédrale en miniature.
Avez-vous remarqué les gargouilles ? Ce ne sont pas des démons contrairement aux véritables cathédrales mais… des anges.



Au-dessus de l'autel, un Christ en croix que j'ai trouvé original. Les vitraux sont splendides. Légèrement en retrait, le petit cimetière très sobre des Bénédictines où elles reposent en paix.



Nous ne verrons pas grand-chose du manoir car la plupart des pièces sont interdites au public.

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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 20:40

Suite et fin de mon bon voyage où mon coeur est resté là-bas.




Le manoir est géré par des sœurs bénédictines qui en sont les propriétaires. L'histoire des Bénédictines commence à Ypres en Belgique. En 1598, Lady Mary Percy, fille du comte de Northumberland fonda un couvent de nonnes anglaises. Ypres reste tristement célèbre, pour avoir été le théâtre de la première utilisation lors de la première guerre mondiale des gaz vésicants (gaz ypérite). Contraintes d'abandonner leur couvent, elles s'arrêtèrent quelques temps en Angleterre puis terminèrent leur voyage à Kylemore. Elles achetèrent l'abbaye pour 45000 livres.
Leur activité principale est l'enseignement de jeunes filles de bonne famille. Leurs objectifs sont :
- La réussite d'un diplôme reconnu par l'État
- L'épanouissement de soi-même
- Grandir dans un environnement exceptionnel.
Elles vivent aussi des produits qu'elles réalisent. Elles font de la poterie, des confitures, des gâteaux. Elles ont même un restaurant.

Un peu plus loin, à l'écart, le mausolée où repose le couple est caché dans la forêt. Il est très sobre. La photo n'est pas très réussie, je l'ai scanné sur le dépliant publicitaire.
J'étais seule près du mausolée, au fond de ma poche, je tenais cette petite boîte de pellicule photo qui était vide. Lorsque je suis repartie, j'avais dans le creux de ma main, ma petite boîte chargée de souvenirs. Telle une relique, je la garde précieusement.

Je me dirigeais vers la sortie quand je me suis retrouvée nez à nez avec des moutons (les têtes noires !) Je voulais absolument les prendre en photos, hé oui même eux ! Mais quand ils m'ont vu ils se sont dit : "Encore une paparazzi, vite filons !
Tant et si bien que je leurs courrais après et eux me montraient leurs... gigots tout en bêlant furieusement. Du coup, je suis rentrée dans la boutique de souvenirs et je me suis achetée un mouton avec un trèfle greffé sur la cuisse.

Mercredi 16 juin 2004.
Le Burren-Les falaises de Moher


Nous partons pour le Burren. En gaélique, "Boireann", qui signifie "terre rocheuse". En 1640, le géomètre de Cromwell décrivit le site : "Lieu sauvage n'ayant pas assez d'eau pour noyer un homme, pas un arbre pour le pendre, ni de terre pour l'enterrer".
Gaby notre guide tient à nous montrer que, même si le site semble austère, désertique, la flore y est importante. Des plantes très rares et tellement petites, pas plus grosses que le pouce, qu'il nous faut nous baisser et mettre en mode macro pour pouvoir photographier lesdites fleurs. Notre guide nous met en garde. Attention où nous marchons. La première photo est une orchidée blanche pas plus grosse que l'ongle du pouce. Le nom de l'autre plante m'échappe, mais toute aussi grosse que la première, elles sont très rares.



Un peu plus loin, nous avons aperçu un torrent. Il paraît que c'est là que sont cachés les banshees ainsi que les leprechauns. J'en ai trouvé un et depuis, il ne me quitte plus. C'est un petit homme, il est cordonnier, il paraît qu'il ne fait qu'une chaussure. Il est surtout le gardien du chaudron aux pièces d'or. Très futé, il est espiègle mais aussi bougon surtout si vous le dérangez quand il fait la sieste ou lorsqu'il boit sa bière. Pour le trouver, il vous suffit de regarder le ciel. Si vous apercevez l'arc aux sept couleurs, courez vite, il se trouve aux pieds de l'arc. Quant aux banshees, ce sont aussi des petits personnages féeriques.
L'existence de petits êtres joue un rôle très important dans le folklore irlandais.

Nous avons remarqué plusieurs petites cabanes peintes en blanc le long des étendues d'eau, elles servent d'abri à tous les pêcheurs ou les chasseurs. Elles n'appartiennent à personne et appartiennent à tout le monde.



Les falaises de Moher. Comme un doigt pointé vers l'Amérique, les falaises nous disent :"C'est là-bas !"

Depuis si longtemps, je rêvais d'y être. A présent, c'est le coeur plein de tristesse que je les regarde car j'arrive au bout de mon voyage. Demain, je retournerai chez moi. Notre guide nous conseille de prendre un gilet, le vent est omniprésent, il me fait penser au mistral mais les nuages en plus. Nous gravissons les marches qui nous mènent jusqu'à la tour O'Brien's, la vue me coupe le souffle. Il n'y a pas tellement de monde. J'ai au fond de ma poche cette petite chose qui m'appartient. Je la garde précieusement dans le creux de ma main. Dans peu de temps, je vais la laisser derrière le muret. Je garderai l'autre partie toujours avec moi. Je voulais absolument laisser quelque chose de moi dans ce pays tant aimé. Pourquoi ? Mais tout simplement parce que l'empreinte de mes pas ne me suffit pas.
J'entends au loin le son plaintif d'une cornemuse, ce son qui est le reflet de ma peine. Je m'avance toujours un peu plus, je dois être à quelques petits mètres du bord. Soudain, je m'arrête, je sais que c'est là. Mon homme me regarde faire. Je lève ma main et…hop disparu. Je pousse un profond soupir, je suis quand même triste. J'ai envie de pleurer, je ne veux pas m'en aller. Pourtant...
Est-ce le vent qui brûle mes yeux ?
Je monte seule tout en haut de la tour. Je filme l'immensité. En redescendant l'étroit escalier en colimaçon, j'aperçois en bas un homme qui attend pour monter. Il me parle en anglais et me montre ma caméra, je comprends. Elle est restée allumée. C'est sans importance. S'il savait... Aujourd'hui, tandis que je l'entends, j'aperçois mes pieds ainsi que les marches de la tour. Pour rien au monde je ne voudrais effacer ce qui est enregistré.



Avant de repartir, certains vont se réchauffer au pub. Je me suis arrêtée devant l'entrée de la boutique de souvenirs. J'ai remarqué dans le coin de l'établissement, une étrange machine. Ecrit en anglais, un panneau disait que si l'on mettait une pièce de 2 cts d'€ dans la machine, on la récupérait allongée avec, sur une des faces, les falaises de Moher imprimées dans le métal. Il me suffisait de mettre une pièce de 1€ et je laissais faire la machine. Quelques secondes plus tard, j'avais ma pièce gravée. La voici.



Jeudi 17 juin 2004
Shannon-Marignane

L'Irlande, dans quelques heures je vais la quitter. Je repense à cette semaine, je l'ai vécu intensément. Ca a passé tellement vite. Je me demande encore qu'est-ce qui pourrait bien me rapprocher d'elle quand je serai en France. J'ai beau cherché…
Je me promène autour de l'hôtel. Il est tôt, il pleut mais je m'en fiche. Mon homme vient me rejoindre. Il s'inquiète, il ne comprend toujours pas pourquoi j'aime marcher sous la pluie.

Je regarde le ciel, les nuages. Soudain, je sais. Enfin, j'ai trouvé. Je respire un bon coup, à présent je peux m'en aller.

Nous passons en vitesse au château de Bunratty, nous faisons encore quelques achats. C'est l'heure, il faut repartir. Encore une minute. Comme c'est étrange, j'ai la nette impression d'oublier quelque chose.
Nous passons devant le château que nous avions aperçu le soir de notre arrivée. Cette fois-ci je ne le raterai pas. Une dernière photo ?
Il y a des embouteillages sur le chemin de l'aéroport. Notre guide nous informe que le président Bush est attendu. Ceci explique tous les contrôles. J'aperçois au loin les avions.

Voici notre guide Gaby qui nous a parlé dans un français parfait. Pat, notre chauffeur qui nous a promené pendant une semaine avec son car. Comme il en prenait soin !




Toi, Dingle et ta péninsule, protège ta dauphine et tes îles solitaires pures comme des diamants.
Gallarus, je t'en prie, fais pousser des roses trémières en souvenir de moi.
Muckross, étale avec orgueil la démesure horticole et regarde tes mariés d'Ireland.
Et toi Cashel sois toujours fier sur ton rocher et garde secret tes passages que je n'ai pas décelé.
Toi, Dubh Linn, rebelle, insoumise, St Patrick veille sur ton inestimable patrimoine.
Clonmacnoise, protège toujours tes croix qui représentent tant pour toi.
Galway, tu m'as donné ton anneau, moi, je te t'offre pour toujours mon amitié.
Connemara, farouche et sauvage comme tes chevaux, je regretterai à jamais ton petit pont.
Kylemore, comme le plus grand des trésors je te garde au fond de mes poches.
Et toi Burren, n'écoute pas les mauvaises langues, tu es magnifique et tu restes unique.
Quant à toi merveille des merveilles, Moher, l'invincible Armada est à tes pieds, je voudrais être un oiseau et me laisser porter par ce vent, te regarder scruter l'océan.
J'ai voulu laisser les empreintes de mes pas, j'y laisse mon coeur et mes larmes.


Dans l'avion je suis bien placée, je peux filmer une dernière fois ce pays tant aimé.
Je repense à cette semaine et j'ai l'impression qu'une vie vient de s'écouler. Par dessus mon épaule je vois s'éloigner les petits murets.

Mes derniers clichés. Le ciel d'Irlande.



Depuis, chaque jour qui passe, je regarde le ciel. C'est ainsi que je me rapproche d'elle et quand j'aperçois un avion qui s'en va vers le nord, je le regarde s'éloigner et j'imagine… J'entends la musique, je vois des gens qui rient et qui chantent. Je vois des milliers de petits murets, des poteaux électriques avec des panneaux électoraux, une collection incroyable de livres à en faire pâlir plus d'un, des chapelles couvertes de mousses, un petit pont qui n'attend qu'un éventuel photographe, des passages qui sont restés très secrets…

A présent, je sais ce que j'ai oublié.
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Cécile la pipelette
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 22:01

Rolala quel voyage magnifique, merci de nous le faire partager

C'est vraiment comme si on y était
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Dim 30 Juil - 22:14

Je viens de finir le voyage avec toi ,j'ai pu ressentir ton chagrin de quitter ce pays :triste25ln: c'était beau, tu as du vraiment y vivre et pas qu'un peu pour y avoir des liens aussi intence et si particuliers, dans ta vie précédente.J'espère de tout coeur que tu pourras y retourner hors des circuits touristiques, peut-être tu y trouveras des lieux "déjà vus".ou tu reconnaitra des choses connues qui sait ?
En tout cas un grand merci pour m'avoir fait voyager ,moi qui ne sort plus beaucoup.
:a200:
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leprechaune13
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   Lun 31 Juil - 0:36

Merci les filles cela fait deux ans maintenant et j'ai toujours autant de chagrin quand je me relis. Quand je suis sortie de l'avion j'ai eu cette étrange sensation de rentrer chez moi. J'étais chez moi.

Aujourd'hui encore, je revis toujours chaque instant, je me rappelle chaque odeur, chaque ciel, chaque regard.
A notre retour de voyage, j'ai pleuré des semaines entières. Je n'arrivais pas faire surface. Mon homme ne savait plus quoi faire pour me consoler. Maintenant quand ça me reprend je m'isole comme un animal blessé pour pleurer en silence.

S'il y a une vie avant celle-ci alors je suis sûre d'avoir vécue là-bas.

Les filles, vous avez aimé ? Alors imaginez mon roman !
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MessageSujet: irlande   Sam 30 Juin - 0:36

Bonsoir, j'aime la musique irlandaise ainsi que les danses. As tu appris les danses irlandaises?
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MessageSujet: Re: Mon voyage en Irlande...   

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Mon voyage en Irlande...

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